Convoi De L’Eau 8ème Jour Occupation De L’Agence De L’Eau D’Orléans

Le 25 août 2023.

En ce vendredi 25 août 2023, les participants au Convoi de l’Eau se réveillent et sortent de leurs tentes installées hier à Orléans, sur l’Avenue Buffon, face à l’Agence de l’Eau. Ce sont des centaines de tentes, des tracteurs, des barnums, des cantines, et même une scène de concert. Tous attendent le rendez-vous entre les porte-paroles du convoi et la préfète du Loiret, mais aussi la rencontre avec Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne, afin de négocier un moratoire et d’exposer les conditions souhaitées pour son exécution.

« un véritable processus de dialogue, cela signifie aucun démarrage de nouvel ouvrage, ni sur la zone couverte par l‘AELB ( Agence de l’Eau Loire Bretagne), ni sur le territoire national et le gel de tous les financements publics des projets, en particulier alloués par l’AELB.

– Jusqu’à l’épuisement des recours administratifs engagés.

– jusqu’à l’établissement d’un nouveau diagnostic scientifique indépendant qui prenne en compte les effets du changement climatique, ainsi qu’une prise en compte des études HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages et Climat)

– la prise en compte des propositions constructives portées par les organisations paysannes et les associations environnementales pour un partage réel de l’eau et un appui à un modèle agricole qui la protège plutôt que de l’accaparer.. « 

L’heure du rendez-vous avec la préfète est enfin arrivée. Une délégation composée de 15 porte-paroles, dont des membres de « Bassines Non Merci », de la Confédération paysanne, de naturalistes, de scientifiques et de participants du convoi de l’eau, est invitée à entrer dans l’agence de l’eau afin d’avoir un dialogue serein. Ce rendez-vous ne fournissant pas la réponse que le convoi attendait, celui-ci décide de rester sur place et de créer, selon certains, la première « ZAD aquatique » de France sur l’Avenue Buffon. La délégation, informée par une source extérieure de la pose d’un permis de construire et de barrières sur le site de Priaires, lieu choisi pour une nouvelle méga-bassine dans les Deux-Sèvres, décide quant à elle de rester à l’intérieur des locaux de l’AELB jusqu’à l’obtention du moratoire qu’elle demande. En effet, la délégation et les organisateurs du convoi considèrent que le lancement de ce nouveau chantier avant même le moindre début de dialogue est une nouvelle provocation de l’État, et les offres de la préfète étant de répondre dans un premier temps « on vous a entendus sur la demande d’un moratoire » pour annoncer, après plusieurs coups de fil, qu’elle pouvait faire en sorte que « les engins de construction ne soient pas autorisés à agir sur le site de Prairies avant le 5 septembre », n’ont absolument pas satisfaits les militants.

Le message est clair, pour l’heure le convoi ne bougera pas de cette avenue sans l’obtention de ce moratoire, et la délégation restera nuit et jour dans les locaux qu’ils occupent. Les organisateurs informent toutefois que le trajet d’origine du convoi est maintenu, une partie du convoi se rendra comme prévu à Paris demain 26 août.

Lors d’une conférence de presse, la préfète du Loiret, nommée également par décret du Président de la République en date du 13 juillet 2023 avec prise de fonctions le 21 août, a pu exprimer ses regrets suite au refus de toutes les propositions formulées par la délégation du convoi. Elle estime que cela démontre que la « délégation n’a pas souhaité poursuivre dans un esprit de dialogue ». Elle précise qu’une invitation à quitter les lieux a été faite à la délégation, souhaitant que celle-ci quitte les locaux rapidement et de manière volontaire, car nous sommes vendredi et que l’agence de l’eau est un lieu de travail où ses employés ne peuvent subir une fermeture due à une occupation illégale.

Marjorie Andrès

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